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A
u v e n t d e s A n g e s
Ô
fier pays de Flandre aux pesants empereurs,
terre de plains bénis à la propre sueur !
Eulenspiegel a su la face de tes hommes,
et
la rive, un reflet de la bête de somme…
Le
soir, sur le terril, jette une ombre de sang,
le
cœur gros de la mine, aux corons, se ressent :
les puits ont inhumé tout décor dans le drame,
où
l'histoire tissait les chaînes, sans la trame !
La
galère a gardé les riens d'un boutefeu,
son âme vaque, nue, au fond des vastes cieux…
La
mémoire, à sa Plaie, apprit la rouge essence,
le
mort est une oublie, où la veine recense.
Contrée encore, mais ruine des hauts bastions,
la
guerre a pièce et part de ton corps en haillons !
De
clocher en clocher, le tocsin dur t'alarme,
les fils ont vu couler de tes mères les larmes…
Le
cimetière ploie, et maint cercueil plombé
retient, au seuil de l'ère, un Déporté tombé.
La
cendre étouffa l'âtre, à la fin, des familles :
la
colombe sanglote, accolée aux ramilles.
Le
peintre, au chevalet, une toile secourt,
caressant et touchant, pour que signe l'amour.
Le
visage serein de la Vie nubile,
au
retable naissant, incarné, se profile !
Le
chaland reste au quai du long canal désert,
sa
panse vide a faim des chères qu'il dessert.
Au
flou miroir, fuit la figure de proue,
le
marin délivrant la manne de sa roue…
L'épi sacré se meurt, en l'inouï sillon,
et
l'oracle des vans soupire d'un bâillon :
ces aveugles cités brisent un vert de rêve,
aux manses sous le vent, une ire immense lève !
Le
plat pays encor à son Homme était cher,
de
la terre à l'écume, une côte de chair.
Sous l'ahan d'avenir la rame soit ailée,
déjà la vague fait ses grèves emperlées !
Hélène Vanbrugghe
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