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H
o m m a g e à S t é p h a n e M a l l a r m é
L'Homme
Traduirait-il, au lai candide,
l’étincelant chiffre des ides ?
L’horloge sonnant la minuit,
le Maître efface un morne ennui !
L’amour illumine l’idée,
telle une tombe l’iridée,
car il nous ravit sans douleur,
réservant à la Sœur ses pleurs…
La
réalité se délivre
du
Verbe enseigné dans un livre :
un calice, à la claire aura,
loin des autels s’avèrera !
Pour l’Autre, enfin, se réincarne
tout vert sous l’ouverte lucarne :
la Chère a teint un sain esprit,
chez l’élu de la Vie épris !
HV
Le Poète
Il allaite son vers aux sources
scintillantes de la grande Ourse,
pressent des astres l’essieu
layant l’immensité des cieux…
Sous les étoiles allumées,
il hume l’encens d’Idumée :
Hérodiade au regard fier
guide un héros cherchant l’Éther !
La Voie sur son coeur essaime,
sa muse vers nos âmes sème
un sacré chant de l’Univers,
où pointe en orgue l’atout vert.
Écume des sillons fébriles,
la sève essentielle oscille,
puis file d’ivoirins atours
au royal hêtre du séjour…
HV
Au Devin
Sourcier du haut Sillon, je sème
ton ire radieuse au poème :
lève encor le céleste sceau
de l’Épi grisant nos boisseaux !
J’ai vu des minarets la spire,
où l’être à l’infini respire,
les cités de l’Orient monter
au vieil Azur qui t’a hanté…
L’essart, vers l’Inde capiteuse,
l’échiquier des soles cendreuses
éclairaient ton suprême jeu,
du Liber délivrant l’enjeu !
HV
Au Saint
Cygne élu de l’orphique Terre,
ta
lyre résonne sur l’ère,
la
Vie n’attend d’oraison,
dans
l’enfer brûlant des saisons !
Irradie encor les calices
du
Monde entier à la lice,
afin
qu’abonde l’uni vert,
Graal
d’émeraude grand ouvert !
Hélène Vanbrugghe
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